Néo-broderie Rouge du Rhin (et Pygopagus)

27.01.2012

Motif Dakota (Pygopagus pour Rouge du Rhin)

Au détour des allées du salon Maison & Objet, j’ai découvert les créations de la maison de linge de maison Rouge du Rhin. La marque de décoration, spécialiste du linge brodé, suit une ligne créative originale avec la qualité comme leitmotiv. J’ai été séduite par les graphismes minimalistes, entre rigueur géométrique et inspiration optic-art.  En appliquant techniques de broderie traditionnelle sur des matières naturelles brutes, cette maison conserve un héritage inspiré de techniques artisanales pour en extraire des collections contemporaines. Parmi tous les produits, j’ai eu l’heureuse surprise de reconnaître le motif ci-dessus intitulé « Dakota », un savant mélange d’influences: entre motif inca folk, apache pixellisé, ikat amérindien revisité. Une création multicolore signée Pygopagus pour Rouge du Rhin, appliquée en broderie sur une assise pliable ou imprimée sur un coussin.

Pygopagus, c’est un drôle de mot qui est l’appellation scientifique pour désigner des jumeaux siamois. C’est aussi le nom que s’est donné un duo de créatifs amoureux (Pierre-Marie Lenoir + Alexandra Bruel dont j’ai déjà parlé ici), graphistes-illustrateurs poétiques et décalés, un duo d’oiseaux rares qui collaborent à quatre mains sur certains projets de création.

Along the Maison & Objet trade show halls, I have discovered the products of the household linen house Rouge du Rhin. The decoration brand, embroidered linen specialist, is following an original creative line with quality as leitmotiv. I was seduced by the minimalist graphics, between rigorous geometry and op-art inspiration. Applying traditional embroidery techniques on natural fabrics, the house keeps a legacy of inspired by traditional craftsmanship to extract contemporary collections. Among the products, I was pleasantly surprised to recognize the pattern above entitled « Dakota », a blend of influences from folk Inca motif, pixelated apache, revisited Indian ikat. A colorful design signed by Pygopagus for Rouge du Rhin applied embroidery on a folding seat or printed on a pillow.Pygopagus is a funny word that is the scientific name referring to Siamese twins. It is also the name that was given a duet of creative lovers (Pierre-Marie Lenoir + Alexandra Bruel whom I wrote about here), poetic and goofy graphic designers and illustrators, a pair of rare birds who get to collaborate together on certain creative projects.

 

Vie secrète des objets

25.01.2012

L’époque se prête au rêve. Voilà le préambule de l’Espace Tendances d’Elisabeth Leriche au salon Maison & Objet, qui a pris place ce weekend dans le Nord de Paris. La chambre comme espace de liberté, de création, un nid protecteur dans lequel se lover, un refuge pour héberger ses rêves. Dans cette époque mouvementée et sans plus de repère, entre rigueur et surconsommation, les objets ont-ils encore une âme? Maison et Objet, c’est un raz de marée de nouveautés, de produits designés pour tous les besoins, tous les budgets et de toutes les couleurs. Au bout de deux heures à arpenter les allées des halls grands comme des aéroports, je me surprends souvent à avoir le vertige. Et au milieu de cette quantité de choses, parfois, quelque chose émerge. On s’accroche à un objet, à un motif, une matière, un détail qui vont faire la différence et dont on sera capable de se souvenir. C’est un peu le l’histoire de Tissus & Artisans du Monde, chercher à raconter le mystère humain qui se cache dans certains tissus et motifs et qui les rend si aimables, attachants, importants et émouvants. La visite de ce salon apparaît donc un point de départ pertinent pour la suite de mes aventures toutes proches.

Now is a time to dream. This are the first words of Elisabeth Leriche’s Trends space at Maison & Objet trade show, which took place this weekend in the North of Paris. Bedroom as a space of freedom, creation, a protecting nest to curl up in, a shelter to host your dreams. In this turbulent time and without further reference, between rigor and over consumerism, do objects still have a soul? Maison et Objet is a tidal wave of new products, designed and thought for any possible need you could have, every budget and in all the colors of the world. After two hours walking through the aisles of these big airport halls, I find myself often dizzy. And in the middle of this overwhelming quantity, sometimes, something emerges. You notice an object, a pattern, a material, a detail that will make a difference and which you will be able to remember. It’s a little bit the story of my project Tissus & Artisans du Monde (World Fabrics & Artisans), to tell the human mystery hidden in certain fabrics and print patterns and which makes them so lovable, endearing, moving and meaningful. In the end, this show’s visit appears to be an interesting preamble for my upcoming new adventures.

Les oiseaux sont faits pour voler

21.01.2012

Hope is the thing with feathers. Emily Dickinson

J’ai d’abord suivi la création de cette colombe. Une œuvre spectaculaire réalisée par la Fondation Unhate et le Magazine Colors et offerte à l’université de Tripoli en Lybie, le jour de l’indépendance du pays, le 24 décembre dernier. La colombe n’était pas blanche et portait en guise de plumes des milliers de carcasses de balles ramassées dans des zones de conflit. Dans chacune de ces douilles, des messages d’amour du monde entier. Guerre et paix. Peut-on encore aimer en tant de guerre? Peut-on encore rêver? Colors consacre un numéro spécial à la création de cette installation artistique, Colors with love. On y parle plus de guerre que d’amour.

Je ne la trouve pas très belle cette massive sculpture. Elle manque de légèreté la colombe, je la préférais blanche et déployant ses ailes, loin de cette violence qui rôde. Mais si ça fait avancer la paix, que cela favorise les échanges entre les peuples…

J’ai ensuite découvert cet oiseau optimiste du designer Jaime Hayon, « Hopebird », grâce à l’œil fureteur et tendre de Mzelle Fraise, reporter de choc au Salon Maison et Objet. (copyright Mzelle Fraise). Une sculpture joyeuse et dynamique, qui guette l’horizon et tout ce que l’avenir va apporter comme bonnes nouvelles.

Et puis je me suis souvenue des oiseaux du créateur japonais Mina Perhonen, et surtout de son tissu imprimé dessiné à la main d’une poésie fragile, émouvante et limpide. Et là enfin, j’ai pensé à l’essence de ces volatiles, à leur liberté. Les oiseaux sont faits pour voler et l’espoir est cette chose avec des plumes.

Hope is the thing with feathers. Emily Dickinson

First I have followed the birth of this dove. A spectacular art piece built by the Unhate Foundation and Colors Magazine and offered to the Tripoli University in Libya, on the country’s independence day, last December 24th. The dove was not white and insteas of feathers it had thousands of shell casings collected in war zones. In each of these shells, messages of love from all over the world. War and Peace. Can we still love in times of war? Can we still dream? Colors is devoting a special issue to the creation of this art installation, Colors with love. It talks more about war than about love.
I did not find this massive sculpture that beautiful. It’s lacking some lightness, I would have prefered the dove to be white and spreading its wings away from this lurking violence . But if it helps peace and promotes exchanges between different cultures, why not… Then I discovered this optimistic bird by designer Jaime Hayon, « Hopebird », through the eye and tender Mzelle Fraise, special reporter at the Maison et Objet trade show. A joyful sculpture, dynamic looking at the horizon and expecting what the future will bring as good news. And then I remembered the birds from this wonderful Japanese designer Mina Perhonen, and especially from his hand-drawn printed fabric with such a fragile  poetry, moving and limpid. And then finally, I felt again these birds’ essence, their freedom. Birds are made to fly and hope is the thing with feathers.


A vos mailles!

16.01.2012

Quatre artistes de la maille crochet : Cécile Dachary, Agnès Sébyleau, Pierre Bernard, Hélène Angeletti. Chacun dans leur style, tous ces artistes ont choisi comme médium d’expression le fil et comme technique le crochet. Pour des propositions diverses et passionnantes de sculptures molles et hybrides. Si Cécile Dachary s’intéresse à la cuisine interne des corps avec des pièces fines en couleur aux formes organiques, Agnès Sebyleau quant à elle, développe des pièces en lin, sortes de totems tout en circonvolutions. Pierre Bernard s’attache à des spirales et torsades en maille écrue à la précision mathématique alors que La Grosse Rosa d’Hélène Angeletti se répand sur le sol, affectueuse et massive pièce spectaculaire rose bonbon. Mais ce n’est pas tout! A vos Mailles ouvre ses portes à la création d’une œuvre évolutive et participative. Durant 14 jours, les artistes ont été présents pour crocheter et les visiteurs, curieux et passionnés sont venus participer à cette construction « in progress » créative et joyeuse. L’œuvre finalisée sera exposée à partir du 16 janvier au sein de la galerie. Je suis d’abord venue pour écrire un article et suivre l’exposition et je me suis prise au jeu, j’ai fini par m’asseoir et j’ai commencé à crocheter! Le blog d’A vos mailles permet de suivre l’évolution de la pièce ainsi que les rencontres avec tous les visiteurs-crocheteurs. Une initiative absolument enthousiasmante qui ouvre l’art et le textile à tous, fait la part belle aux rencontres humaines et aux échanges artistiques.

Four knit crochet artists: Cecile Dachary, Agnes Sébyleau, Pierre Bernard, Hélène Angeletti. Each in their style, these artists have chosen crochet knit as a medium of expression. Diverse and exciting productions as soft hybrid sculptures. If Cecile Dachary is interested in fine color knit pieces and inspired by organic subjects, Agnes Sebyleau has on her side developped linen pieces, as of totems in convolutions. Pierre Bernard focuses on unbleached knit spirals and twists almost mathematical  while Helen Angeletti’s Grosse Rosa is spreading on the ground, affectionate and massive spectacular pink art piece. But that’s not all! A vos mailles opens creation to an « in progress » and participatory work. During 14 days, the artists are there to crochet knit and visitors and curious can join this happy and fun evolving construction. The completed work will be exhibited starting January 16 in the gallery. I first came to write an article and follow the exhibition and I finally sat down and started to crochet knit! You can have a look at A vos mailles blog to see the sculpture’s evolution as well as the meetings with the participating visitors. An absolutely exciting initiative which opens art and textiles to all, to enjoy human and artistic encounters.

Exposition A Vos Mailles à la Galerie Collection, 4 rue de Thorigny Paris 3e jusqu’au 28 janvier 2012

Yayoi au pays des merveilles

13.01.2012

Portraits de Yayoi Kusama, trouvés sur le net

Yayoi Kusama est la prêtresse aux petits pois. Japonaise. Hallucinée. Inspirée. Une artiste contemporaine majeure qui développe son univers étrange et vénéneux depuis le début des années 50. Orgies psychédéliques, performances libertaires, installations, peintures, miroirs, sculptures. Elle voit des pois. Se répandre partout. Dans sa tête, sur les murs, à l’infini. Dans une esthétique de la contamination, ses fleurs hallucinogènes et sculptures phalliques distillent des sentiments oscillant entre angoisse et féerie. C’est la répétition du motif qu’elle cherche, jusqu’à sa disparition. L’exposition rétrospective de son travail au Centre Pompidou vient de s’achever. Yayoi Kusama a 83 ans et continue son œuvre, la folie comme moteur de création. Je l’ai découverte il y a dix ans, lors de sa première grande exposition à la Maison de la Culture du Japon. Et je l’ai vue en vrai à la galerie Pièce Unique un peu plus tard, en petit comité. Petite fille fragile ou vieille dame fantasque, elle cultive sa santé mentale comme d’autres un jardin de roses. Elle vit à l’abri du monde, dans un hôpital psychiatrique depuis 1977, protégée et soignée comme un monument national. Elle avait tout d’une Alice au pays des merveilles nippone, le jour où je l’ai vue dans cette galerie parisienne, assise sur un canapé, le regard incrédule et enfantin. Elle portait des chaussettes à pois.

Yayoi Kusama is the dot priestess. Japanese. Hallucinated. Inspired. A major contemporary artist who has developed her strange and poisonous world since the early 50′s. Psychedelic orgies, free performances, installations, paintings, mirrors, sculptures. She sees dots. Spread out all over. In her head and on the walls, to infinity. In a contamination aesthetic, hallucinogen flowers and phallic sculptures are exuding feelings between anxiety and enchantment. She wants the pattern to be repeated over and over again, until its disappearance. Her retrospective work exhibition at the Centre Pompidou has just ended. Yayoi Kusama is 83 years old and she keeps working, using her insanity as major inspiration. I discovered her art a decade ago, in her first major show in France at the Maison de la Culture du Japon. And I saw her in real life at the gallery Pièce Unique one year later. Fragile little girl or whimsical old lady, she cultivates her mental health as others would a rose garden. She lives aside from the world, sheltered in a psychiatric hospital since 1977, treated as a national monument. She is a Japanese Alice in Wonderland. The day I saw her in the Parisian gallery, sitting on a couch, looking incredulous and childish. She was wearing socks with polka dots.

Yayoi Kusama à la Galerie Pièce Unique (2002) (copyright Magali An Berthon)

 

Brooklyn boogie

10.01.2012

Balade à Brooklyn. En me plongeant dans les images de Jordan Sullivan, talentueux photographe brooklynien, j’ai aussi jeté un œil à mes photographies et les souvenirs d’une douce journée de mon dernier voyage à New York ont refait surface. Pendant cette trop courte semaine, j’ai habité dans le quartier de Williamsburg qui n’a de cesse de me charmer. Il faisait frais mais toujours avec ce ciel bleu si pur et cette lumière sans égale. Entre les brocs, les boutiques vintage et les jolis cafés, Williamsburg est une ville à elle seule, pleine de recoins, de bonnes adresses et d’endroits chaleureux qu’on s’approprie avec une grande facilité. Agrippée à l’ami que je retrouvais, à l’arrière de son solex, on est parti en vadrouille dans les larges avenues du quartier. On est d’abord allé découvrir la boutique de déco Mc and Co, tenue par une Française, Corinne Gilbert, et à la sélection impeccable plutôt axée fait-main, entre artisanat contemporain, pièces uniques et petites séries.

On est ensuite allé au café Moto, sous le pont de Williamsburg, un peu plus au sud du quartier. Moto est un café que j’adore. Le premier endroit que j’ai découvert à New York, quand j’y ai habité. Ambiance de bistrot parisien des années 20, des concerts acoustiques et vintage en soirée et un décor de bric et de broc au charme inédit. J’ai découvert que ce lieu a été crée par Bill Phelps, passionné de motos de collection et photographe aux images renversantes de beauté dont j’aimerai vous parler bientôt.

Je retourne au café Moto à chaque fois que je vais à New York.  Après de longs mois sans se voir, nous nous sommes assis au calme pour parler et se ré-apprivoiser. Brooklyn permet de prendre le temps pour des moments comme ceux-là.

Mc and Co 57 North 6th street, between Kent Ave and Wythe Ave. in Williamsburg, Brooklyn. www.mcandco.us

Moto 394 Broadway, Brooklyn www.cafe-moto.com

A walk in Brooklyn. By immersing myself in Jordan Sullivan’s images , brooklynien talented photographer, I also took a look at my own pictures and memories of a sweet day of my last trip to New York have come back to my mind. During this short week, I have stayed in the neighborhood of Williamsburg, which keeps charming me. It was chilly outside but always with such pure blue sky and this amazing light. Between second hand shops, flea markets and pretty cafes, Williamsburg is a city in itself, full of hidden corners, cosy places which you start appreciating so easily. Clinging to the friend that I found on the back of his solex bike, we drove out in the wide streets of the neighborhood. We went first to the home shop Mc and Co, run by a French woman, Corinne Gilbert, with an  impeccable selection of  hand-made designer products, between contemporary crafts,unique pieces and small series. We went afterwards to Moto, under the Williamsburg Bridge. Moto is a place that I love. The first place I’ve discovered in New York, when I have lived there. 20′s Parisian bistro atmosphere, vintage acoustic concerts in the evening and a charming decor of odds and ends. I found out that this place has been created by Bill Phelps, a passionate motorcycle collector and photographer with stunning images that I’d like to talk to you soon about. I go back there every time I go to New York. After months without seeing each other, we sat down to talk in this quiet atmosphere and tried to reconnect. Brooklyn is the place which allows moments like these.

Les mots et les rêves

08.01.2012

 

A chaque commencement d’une nouvelle année, on pense à prendre de (bonnes) résolutions. Parfois on y renonce complètement et ce n’est pas plus mal! En général c’est mon cas.

Et parfois on découvre tapi en soi un souhait de changer quelque chose dans sa vie, on entend une petite voix qui soupire et espère un mouvement heureux. C’est dans ces moments-là que les mots nous viennent en aide, les mots des autres surtout, pour nous inspirer et ouvrir d’autres horizons, nous inviter à suivre une impulsion, à placer notre vie sous un nouveau jour, à emprunter d’autres trajectoires.

Il y a cette phrase de Samuel Beckett qu’une amie porte avec elle. Je l’ai découverte grâce à elle et j’y pense si souvent. Dans les moments d’échecs comme dans les grandes avancées.Pour recommencer encore et encore. Beckett est un observateur si lucide du tragique de la vie. Mais étrangement ses mots me donnent de la force.

Il y a les mots d’Emily Dickinson qui m’accompagnent pour mes humeurs poétiques. Ceux de Mère Teresa, quand j’aspire à être meilleure. Je serais curieuse de connaître les vôtres.

Et puis j’ai cherché en moi-même, que pourrais-je souhaiter de cette année qui commence? C’est mystérieux les mots, comment ils nous viennent, pourquoi ils nous parlent. Ce qui m’est venu est un mantra tout simple. Pour cette année ou pour toute une vie. 2012, une année pour rêver.

At each beginning of a new year, you consider taking (good) resolutions. Sometimes you give up right away and it’s ok! I usually do.
And sometimes you surprisingly find in yourself a desire to change something in your life, you hear a little voice sighing and yearning for a happy move. It is in these moments that words can come to your help, especially words of others, to inspire yourself and open new horizons, invite you to follow an impulse, to put your life in a new light, to take other trajectories.

There’s this Samuel Beckett‘s sentence that a friend keeps with herself. I found it thanks to her and I think about it so often. In times of failure as in great achievements. To start over, again and again. Beckett is such a lucid observer of the tragedy of life. But strangely his words give me strength.

There are the words of Emily Dickinson accompanying me in my poetic moods. Those of Mother Teresa, when I aspire to be better person.

I would be curious to know yours!

And then I searched into myself, what could I wish for the year ahead? Words are mysterious, how they come to us, why they talk to us. What came to me is a simple mantra. For this year or a lifetime. 2012, a year to dream.

« Toujours tenter. Toujours échouer. Peu importe. Essayer encore. Echouer encore. Echouer mieux. » Samuel Beckett

« L’éternité se compose d’instants présents. » Emily Dickinson

« L’espoir est une chose avec des ailes – qui se perche dans votre âme – et qui chante une mélodie sans mots – sans jamais s’arrêter. » Emily Dickinson

« Les gens sont souvent déraisonnables, illogiques et centrés sur eux-même. Pardonne-leur quand-même (…) Donne au monde ce que tu as de meilleur, ce ne sera sans doute pas suffisant. Donne le meilleur quand-même. » Mère Teresa

« On ne peut faire de grandes choses, seulement de petites choses avec un immense amour. » Mère Teresa

L’errance éblouie

05.01.2012

Premiers mots posés pour cette nouvelle année. Il m’a dit qu’il aimait mes mots, une fois qu’il les a lus dans leur traduction anglaise. Je lui ai dit que j’allais écrire sur son travail, que j’étais touchée par ses images. J’ai hésité longtemps, j’ai cherché un peu, je n’ai pas su… Jordan Sullivan habite Brooklyn et vient du Texas. Je l’ai rencontré à New York, à la Clic Gallery. Je découvrais son livre d’images Ghost Country et j’avais envie d’en savoir plus. Et par hasard, il était là.

Jordan Sullivan habite Brooklyn mais il vit dans un imaginaire d’errance, de déglingue, d’étendues désertiques, de romances silencieuses et de flous impressionnistes sur argentique. Une humanité vacillante dans une Amérique à l’abandon. Un monde où les frontières s’effacent, où tout est chaviré par l’intensité de son regard, la poésie d’une lumière, la fragilité d’un tirage photographique. Je crois que c’est tout ce que j’arriverai à en dire. Ces photos sont tellement belles que ça me fait presque mal.

Jordan Sullivan est à New York et moi j’ai emporté son livre à Paris. Ce n’est pas grave si les mots se font rares. C’est ce qui se passe lorsqu’il est impossible de dire l’émotion ressentie. Lorsqu’on est ébloui.

First words for this new year. He told me that he liked my words, once he has read them translated in English. I told him I would be writing about his work, that I was moved by his pictures. I have hesitated a long time, I have tried a little, I didn’t know how… Jordan Sullivan lives in Brooklyn and comes from Texas. I met him in New York, at the Clic Gallery. I found his picture book Ghost Country and I wanted to know more. And by chance, he was there.

Jordan Sullivan’s home is Brooklyn but he lives in a wandering fantasy, where things fall apart, with stretched deserts, silent romances and impressionistic film fuzziness. Flickering humanity in an abandoned America. A world where borders have been erased, where everything is overturned by the intensity of his gaze, the poetry of light, the fragility of a photographic print. I think that’s all I will get to say. These photos are so beautiful it almost hurts.

Jordan Sullivan lives in New York and I brought his book back to Paris. It does not matter if I only can write a few words . This is what happens when it is impossible to say the emotion. When you are dazzled.

www.jordan-sullivan.com