Revoir Saigon

Au moins sept ans que je n’étais allée à Saigon. Je n’ai pas vraiment reconnu l’intense capitale du Sud Vietnam, tant tout y a bougé.

Expression éclatante d’un Vietnam moderne avec ses quartiers numérotés: district 1 ou district 7, ses bâtiments et centres commerciaux à l’architecture glacée et la climatisation qui l’accompagne, les rues débordantes de motos, le trafic impressionnant à certaines heures de pointe… Et surtout les mentalités en constante évolution. Il m’a fallu parler beaucoup, rencontrer de nombreuses personnes pour commencer à comprendre ce qui avait changé à Ho Chi Minh Ville ces dernières années. J’ai en mémoire les visages de jeunes filles qui marient la tradition vietnamienne et la culture globalisée avec une apparente facilité, les éclats de rires d’étudiants en cinéma aux regards grand ouverts sur le monde, les confidences de trentenaires « socialite » qui sortent en bande le soir et s’occupent de leurs enfants et maris les week-ends.

Une ville en mouvement permanent où j’ai cherché mes repères, sans forcément les trouver. Tout va un peu trop vite pour moi là-bas. Parfois quand on quitte un pays, quand on n’en connaît les contours qu’à travers des récits et souvenirs de sa propre famille, on arrive avec une attente différente, un besoin de reconnaître ce qu’on pense connaître. J’y ai cherché une forme d’authenticité, d’essence de la culture vietnamienne, et je n’y suis pas toujours parvenue. Ce n’est pas grave. Saigon, et avec cette ville le Vietnam tout entier, avance sans se soucier de ce qu’on peut en penser. Dans le bouddhisme, on dit que la seule chose qui ne change pas, c’est que tout change. Avancer, comprendre, découvrir. Revoir Saigon m’a permis de faire ce mouvement dans le temps, vers l’avenir.

At least seven years since I had been to Saigon. I did not really recognize the intense Southern Vietnam capital, as everything has moved so fast.

Brilliant expression of a modern Vietnam with its numbered neighbourhoods: District 1 and District 7, buildings and shopping centers in contemporary architecture with freezing air con included, streets overflowing with motorbikes, some impressive traffic peak … And especially in constantly evolving mentalities. I had to talk a lot, meet a lot of people to start to understand what has changed in Ho Chi Minh City in the past years. I remember the faces of girls who mix Vietnamese tradition and globalized culture with apparent ease, laughters of film students completely open to the world, the secrets of thirty year-old « socialites » who go out as a crew in the evenings and take care of their children and husbands on weekends.

A city in constant motion where I have tried to find my marks without necessarily finding them. Everything is going a little too fast for me there. Sometimes when you leave a country, when you mainly know the outlines of a country through stories and memories of your own family, you arrive with a certain expectation, a need to recognize what you think you know.

I have tried to look out for a kind of authenticity, an essence of Vietnamese culture, and I have not always succeeded in this goal. It’s ok though. Saigon, this city and the whole Vietnam, is moving forward regardless of what we may think. In Buddhism, we say that the only thing that does not change is that everything changes. Looking forward, understanding, discovering. Seeing Saigon again has helped me make this move in time, to the future.

 

4 responses


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Très belles photos. C’est vrai que cette ville change sans cesse, elle s’étend à n’en plus finir. Je suis d’accord avec toi sur le fait qu’il est difficile d’y trouver de l’authenticité tellement le boom économique bouleverse la ville (+ 1M d’habitants en 5 ans).

29 août 2012 9 h 32 min

Très belles photos… J’étais aussi à Saigon, il y a 4 ans et jamais des vacances ne m’ont autant marqué que ma période en Asie. C’était la première fois que j’y allais et je serais aussi curieuse d’y revenir dans quelques années, pour voir l’évolution, surtout dans les petits villages où mes familles habitent également.

29 août 2012 12 h 00 min

Teaso et Alex: Oui j’ai eu du mal à reconnaître Saigon! Et en même temps c’était intéressant d’essayer de comprendre le développement urbain, les gens, les mœurs… Ce n’est pas ma ville préférée du Vietnam mais elle dit beaucoup du pays.

30 août 2012 23 h 33 min

C’est Beau!

5 septembre 2012 22 h 32 min

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